



« Le foyer de la Guérinière de Morsang-sur-Orge accueille des personnes handicapées mentales ou psychiques. Le travail remarquable effectué avec eux par Gérard Gallego en fait un intense moment de vrai théâtre. Pour les spectateurs qui, comme toujours au théâtre, les auront momentanément placés à la source des mots, c’est une occasion unique d’entendre dire l’âme humaine à partir de leur langage et de leurs signes. Tous ceux qui, pour sa création à l’Arlequin, ont vu ce spectacle bouleversant ont témoigné de sa force et de son intérêt. »
Jean-Louis Sagot Duvauroux, directeur du Théâtre de l'Arlequin
« Les instantanés que nous donne à voir Gérard Gallego sont le lieu d’une rencontre improbable. Celle de la culture et de jeunes en difficulté à la périphérie d’eux-mêmes et de la société. Gérard Gallego les amène à envisager une représentation d’eux-mêmes ancrée dans le réel et la rencontre de l’autre. La possibilité d’une image positive basée sur ce qu’ils sont et non pas ce qu’ils font ... une porte ouverte vers leur reconstruction et la rencontre de l’autre. »
Alain Bouthier
« La vidéo du spectacle avec des jeunes gens "en errance" « un bateau pour l’Europe » m’a bien émue.
Ce qui s’y passe au niveau humain est puissant… ta démarche va tellement à l’essentiel, je ne sais pas ce que nous pourrions faire dans nos vies qui ait plus de sens ! …
Parce que nous sommes tellement dans une culture qui massivement divise, oppose, isole, compartimente, hiérarchise, enferme, aliène,…déprécie, élimine, jette…
Tes projets font exactement le contraire. Ils montrent combien la création artistique commune – surtout pour des non-professionnels- est l’un des moyens les plus puissants pour découvrir et vivre une autre humanité, plus rayonnante, plus ouverte, désarmée, vulnérable, aimante et unie…
Ce que je trouve sublime, c’est que le théâtre travaille l’Etre. C’est peut-être « impalpable », comme tu disais, mais c’est ce qu’il y a de plus précieux.
Je suis, une fois de plus, fascinée de voir comme le théâtre peut réussir là où l’école a échoué : pour la confiance en soi et en l’autre, la capacité à se concentrer, à prendre la parole, pour l’ouverture, la créativité, l’entraide…
C’est évident dans « un bateau pour l’Europe » où les jeunes ont, au fil du travail, restauré l’image négative qu’ils avaient d’eux-mêmes.
Je crois que tu leur as fait le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un être pour l’aider à se (re)construire, c’est à dire : la possibilité de faire don de soi, du meilleur de soi, un don d’amour.
Sentir (et prendre conscience) que l’on a en soi quelque chose qui peut résonner chez les autres, leur donner du plaisir et des émotions, qui peut être reçu, cela pulvérise toutes les barrières et donne immédiatement le sentiment d’être bon, d’être aimé, et d’appartenir à la grande communauté Humaine, de faire un avec tous.
Du coup, le monde s’ouvre, plus vaste, moins hostile, on sait désormais qu’il recèle de cadeaux insoupçonnés … Quoi de plus fort que ces jeunes qui se sentent changés, plus grands et plus libres, après l’expérience de la pièce, et qui ne veulent pas retomber dans l’aliénation, le confinement de leur quotidien. Ils portent désormais en eux le goût et la soif de ce bonheur…
Cette soif, c’est ça le trésor.
Et puis il y a quelque chose de bouleversant, qui résonne en chacun de nous, lorsqu’un humain grandit, et accède à une plus grande richesse ou liberté intérieure.
Pour ces jeunes ou les détenus, comme pour chacun de nous, l’expérience de libération intime vécue au théâtre constitue une mémoire heureuse, un trésor, une lueur… qui -on ne sait jamais- peut, par la suite, donner la force d’affronter différemment les épreuves, voire de faire dévier le cours de notre destinée... car la liberté en fin de compte, se situe à l’intérieur.
Cette mémoire inscrite dans le cœur, personne ne peut la prendre. C’est ce qu’il y a de plus impalpable et de plus réel à la fois. C’est ce qui permet, un jour, de faire à son tour un don d’amour et ça c’est le plus grand bonheur que je connaisse.
J’ai trouvé très beau et très juste ce que tu as dit aux détenus au moment de vous quitter, après la représentation : que ce qui compte en définitive, c’est ce que l’on a vécu / élaboré ensemble et qui reste, à l’intérieur de nous, comme une richesse… c’est ce qui nous relie malgré l’absence. »
Malika Morgensen
« Je tenais à saluer la qualité de la prestation que vous avez proposée aux personnes bénéficiaires du RSA, ainsi que le courage des candidats qui ont repoussé leurs peurs, afin de participer à cette aventure. Le résultat de ces 15 jours de travail est étonnant.
Les thèmes abordés dans le spectacle et leur mise en scène sont pertinents et originaux. Ils ont permis aux participants de se « re » mettre en valeur, d’éprouver une certaine fierté, de dépasser des limites, de retrouver confiance. Tous ces progrès accomplis sont des ressorts et des atouts pour continuer à les accompagner dans la réalisation de leur projet professionnel. Leur avoir permis de se sentir de nouveau « acteur » est un des paramètres les plus importants sur le chemin du retour à l’emploi ; de même que d’être fier de s’être adapté à des situations nouvelles.
J’espère que ce dispositif sera renouvelé. »
Catherine Dauvergne, formatrice conseillère Département Emploi