
Il était donc possible de se sentir libre sans se déplacer physiquement ? Nul besoin donc de tenter le diable.
Le problème de la formulations verbales de ses émotions par le langage est au cœur des ennuis que rencontrent les publics avec lesquels j’ai décidé de travailler.
Peut-on être porteur d’une autre parole qui va être entendue par un public venu pour l’écouter ?
L’image de soi est fondamentale au théâtre, car sans conscience aiguë de ses capacités… comment créer, inventer, avoir prise sur le monde ?
De mon enfance, je n'ai que quelques photos, dont une photo d'identité sur une carte de famille nombreuse pour le bus ou le train, et une autre de l'Education Nationale où je pose fier...devant un castelet avec une marionnette-chaussette prémonitoire.
Lorsque j’ai demandé aux gens avec qui je travaillais, détenus, jeunes en errance, combien ils en possédaient, les réponses étaient les mêmes : peu ou pas d’images de leur enfance, peu de représentation de leur innocence. C'est sans doute ce que nous avons partagé : l’absence de mémoire, l'absence d'innocence sont souvent liées à l’économique.
Un grand nombre de personnes avec lesquelles je travaille portent cette fêlure et ces questions. Comment s'exprimer, peut-on avoir le choix ? (suite du texte)